La radicalisation : un phénomène social

« Radicalisation ». Un mot tellement vulgarisé (d’autant plus aujourd’hui) qu’on n'y prête plus attention ; nous croyons tous connaître son sens,  mais il est pourtant très rarement défini. Arrêtons nous quelques minutes sur sa signification et certains de ses enjeux sociétaux.

 

La radicalisation est un terme utilisé pour décrire un processus, je suis et je deviens plus ; or nous savons qu’actuellement il fait principalement référence à l’Islam pour décrire des personnes sombrant dans l’exclusion et puis la violence.

Selon l’opinion publique, largement encouragée par les médias, la radicalisation serait une affaire religieuse car naissant d’une certaine interprétation de la religion musulmane. Il ne s’agit pas ici de nier les mauvaises lectures faites de l’Islam mais d’en expliquer les raisons afin de mieux les combattre.

En  s’intéressant au parcours de tous les Coulibaly, Kouachi et autres, on s’aperçoit rapidement qu’au cœur de leurs atrocités, résident les sentiments d’exclusion et d’abandon.  Le scénario est toujours le même : une enfance très difficile, l’échec scolaire, la ghettoïsation, puis la discrimination à l’emploi, le chômage, la prison. En somme une accumulation de défaites en partie due, il est vrai, à l’individu mais aussi aux inégalités sociales qu’il ne faut surtout pas minimiser. Rien de nouveau, nous savons déjà qu’existe en France une école à deux vitesses, que la discrimination est monnaie courante dans le marché du travail, que la prison est la meilleure école du crime ; les travaux, rapports et autres en faisant effet ne manquent pas.

Or pourquoi ne voit-on aucune politique sociale pour mettre fin à ces maux destructeurs ? Pourquoi les ghettos français se remplissent alors que le principe de diversité ne cesse d’être scandé ? Pourquoi la réussite scolaire continue-t-elle de dépendre, en grande partie, de l’établissement fréquenté? Pourquoi ne tout simplement pas travailler pour que l’ensemble des principes et des lois faisant la fierté de chaque français ne soit tout simplement appliqué ? 

Car oui, la radicalisation n’est pas un problème religieux mais bien une problématique sociale, le sentiment d’exclusion mène à la violence !

Des individus exclus, incompris de toutes parts se retrouvent embrigadés par des manipulateurs sachant leur apporter amour, respect et aspiration. L’Islam n’est qu’un moyen ici, en aucun cas une source. Donc non ce n’est pas aux imams, associations religieuses ou aumôniers d’agir, mais c’est principalement à l’Etat d’apporter des politiques sociales à des problèmes qui sont sociaux.

La radicalisation ne naît pas dans les mosquées mais de l’injustice, de l’inégalité – le jour où les médias et surtout les politiques comprendront cela, alors la déradicalisation verra le jour. Il ne faut pas se tromper, les politiques réactionnaires et liberticides n’apporteront rien, au mieux certains pourront se donner bonne conscience. La France a besoin de repenser l’école, sa politique d’urbanisation, l’accès à l’emploi ; la France a besoin d’égalité !

Jihane ABDOUN

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